il y a urgence à vider le vide
un vide trop plein qui ne se laisse pas exister
étendre les draps sans plis
et sertir le cœur aux alentours du vent
un face à face qui ne se regarde pas
qui penche
et saisir « oh comme le temps fuit »
dans un décor que laisse succomber les arbres
à travers les rideaux
ce que tu regardes n'a pas d'autres visées
que pour épargner ce que le visage attend
larmes d'enfouissement
ténèbres instables
dans le terreau qui en pourrissant se fertilise
anamorphoses tournoyantes
à l'épicentre de ton nom
dans les rayons du levant
c'est une grandeur de peu quand tes bras seraient ce levant
moignons fermés comme la langue
celle qui ne dit mot
devant l'exil
croire plus que croire les désirs d'océan
où ce gouffre t'enclume
l'immensité régulière du ressac
tape et revient sans cesser de partir
le regard à l'envers persécute le face à face perdu
à ton nom palindrome
c'est un cœur nécrosé qui parle à tes paupières
toutes les nuits ressassent les prières et
l'inaccessible langue
celle qui perpétue ton nom
celle qui jette le noir
sur une ombre déjà dessinée
celle qui approche sans atteindre
l'arc de tes bras
l'arc des mots en falaise
in extremis
se vautrer dans la marée équinoxe
sans revenir